Discours pour le cocktail de financement de la circonscription, prononcé par Félix Grenier le 22 octobre 2009 au Centre le Trait Carré.
Bonsoir à tous, merci d’être présent à notre cocktail de financement dans Charlesbourg-Haute-St-Charles et de supporter notre organisation.
Pour commencer, j’aimerais souligner la présence de plusieurs personnalités des secteurs politiques, économiques et communautaires parmi nous.
- Renaud Lapierre, ancien candidat du Parti québécois dans la circonscription de Charlesbourg;
- Nicole Madore, présidente de la Société nationale des Québécois et des Québécoises de la Capitale et ancienne candidate du Parti québécois dans Vanier;
- Claude Perron, directeur général du projet de l’éco-promenades;
Merci d’être ici, nous apprécions grandement votre présence.
Ce soir, j’ai prévu vous entretenir d’une matière un peu originale. Les principaux organisateurs de cette soirée, Patrick Voyer, Marc-André Bouchard et Félix Dahouet - que je tiens d’ailleurs à remercier chaudement - m’ont bien averti de ne pas vous ‘assommer’ avec un discours trop partisan. Tout le monde ici vient de terminer une grosse journée de travail, et vous avez plutôt envie de vous détendre, de rigoler et de faire des rencontres intéressantes. Et c’est ce que j’ai bien envie aussi!
J’ai donc préparé une courte allocution qui porte davantage sur une réflexion politique générale que sur l’actualité elle-même. La prochaine campagne électorale fédérale, qui viendra bien assez vite, nous donnera de toute façon beaucoup d’opportunités pour dénoncer le faible bilan des conservateurs dans la région et le manque d’engagements et de vision des conservateurs en général. Mais je m’égare déjà… Revenons à ce que je vous ai annoncé.
Depuis quelques mois, j’entretiens une réflexion sur le sens à donner à l’engagement politique et social. Ce type d’engagement peut s’appliquer à de nombreuses situations, tant dans la gestion de vos organismes ou entreprises que dans les décisions prises à la Chambre des communes. J’en suis arrivé à deux principes assez simples, qui ne sont pas de moi, mais que je désire discuter avec vous. Vous appliquez déjà probablement ces deux principes dans vos vies personnelles et professionnelles, mais la transposition de ceux-ci dans nos décisions politiques est parfois plus difficile, tout dépendant de nos élus.
Les deux principes dont je vous parle pourraient se définir comme suit : Lorsque l’on agit politiquement, il est essentiel de penser et de préparer nos actions dans une perspective collective et durable.
Simple : une perspective collective, et durable.
On parle depuis déjà longtemps du développement durable au Québec. Nous avons d’ailleurs créé le ministère de l’environnement, le Bureau d’audiences publiques en environnement, et la grande majorité des foyers québécois font dorénavant du recyclage des déchets. Les mentalités sont aussi lentement en train de changer au sujet de notre consommation, entre autre en termes de transport et d’alimentation. Mais est-ce suffisant? Je crois qu’en tant que leaders sociaux, économiques et politiques, nous avons le devoir de réfléchir sérieusement à quelle ‘durabilité’ nous voulons donner à nos projets, à nos actions et finalement, plus globalement, à notre société.
Dans les dernières décennies, la mondialisation a été un vaste mouvement qui a bouleversé le monde. Entre autre chose, la mondialisation nous permet aujourd’hui de mieux comprendre les interrelations qui existent entre nos modes de vie et nos actions, et les actions et modes de vie dans les autres régions du monde. La mondialisation nous permet aussi de nous comparer à d’autres sociétés, dans toute sorte de domaine.
En matière de développement durable, le Japon peut ainsi nous servir de modèle. Dans ce pays, les projets d’infrastructures et de développement, et donc les décisions politiques et économiques nationales, sont évalués et conçus non pas pour 20 ans- comme nos routes-, non pas pour 50 ou 60 ans- comme les centrales nucléaires- mais bien sur 100 ans, un siècle, 5 générations. Cette société vit depuis déjà longtemps avec une densité humaine extrêmement élevée et un niveau de développement technologique parmi les plus avancés dans le monde. C’est ce qui a poussé les Japonais à adopter une attitude aussi innovatrice en matière de développement durable. Nul besoin de souligner que ces derniers n’ont pas moins bien réussi économiquement pour autant, tout au contraire.
Aujourd’hui, nous nous retrouvons avec une situation similaire- des niveaux de densité humaine et de développement industriel et technologique inédits- à l’échelle planétaire. C’est ce qui doit nous pousser à adopter, partout, une attitude similaire à celle des Japonais. Des sociétés développées comme le Québec et le Canada devraient aussi être parmi les leaders dans le monde en ce sens, en raison des immenses ressources que nous possédons en matière de développement technologique et de capital humain. Je ne crois pas avoir à vous rappeler que nous manquons gravement à notre devoir en ce sens depuis plusieurs années, et je crois que nous devons avoir une réflexion sérieuse à ce sujet.
Le deuxième principe - la pensée collective - a une résonance particulière ici, au Québec. En effet, la collectivité de référence, pour les Québécois et les Québécoises, a connu de profondes évolutions dans les dernières décennies. Aujourd’hui, pour la grande majorité de ceux-ci, le groupe politique et culturel de référence est la nation québécoise.
Penser collectivement, aujourd’hui au Québec, c’est donc agir en fonction des intérêts communs de la nation québécoise. À ce titre, le Bloc québécois s’est toujours fait un devoir de faire de la promotion des intérêts économiques, sociaux et culturels de la société québécoise l’un de ses principaux cheval de bataille.
Agir en fonction des intérêts nationaux au Québec, dans un esprit démocratique, c’est aussi mettre les consensus populaires au centre de notre action politique. C’est ce que nous avons fait en matière environnementale, économique, culturelle et de politique étrangère.
Enfin, penser collectivement au Québec, c’est aussi mettre au centre de nos préoccupations, l’élément qui nous caractérise par-dessus tout en Amérique du nord : la langue française. La promotion du français est depuis des décennies, et restera dans l’avenir, au cœur du développement et de l’affirmation de notre nation. À ce titre, nous devons souligner le rôle essentiel de l’élite économique, culturelle et sociale dans cette entreprise. Ce sont des acteurs comme vous, qui peuvent faire du français une langue de réussite au Québec. En ce sens, il est temps de réfléchir à de nouvelles manières de rendre attrayant et emballant ce qui est notre principal moyen de ‘réunion’ et de rencontre.
En 1882, le philosophe et écrivain français Ernest Renan écrivit : « L’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours, comme l’existence de l’individu est une affirmation perpétuelle de vie. » Pour que le Québec continue à se développer pleinement et vigoureusement, il faut donc que nous, Québécois de toutes origines, continuions à ‘plébisciter’ en faveur de notre nation. Et pour que cette volonté soit transposée dans des actions politiques justes, il faut que nous pensions celles-ci dans le long terme et pour l’intérêt collectif des Québécois.
En terminant, si vous avez des questions ou des commentaires, ou si nous n’avons pas encore eu la chance de faire connaissance je vous invite à venir me rencontrer.
Je vous remercie à nouveau de votre appui,
Bonne soirée.
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