PAR Félix Grenier
Deux exemples tirés de récents évènements internationaux
Deux évènements récents liés aux affaires internationales sont venus nous rappeler pourquoi les revendications constitutionnelles, l’existence du Bloc québécois et le projet souverainiste sont toujours aussi importants au Québec.
Deux exemples probants
Les négociations avortées de Copenhague sur les changements climatiques ont d’abord été un moment important démontrant comment le Québec, et son gouvernement national, était en porte-à-faux avec le gouvernement canadien. Nul besoin de rappeler comment le gouvernement Harper a été un élément négatif tout au long de cette rencontre internationale et que son orientation aura des répercussions importantes sur l’économie et l’image du Québec à l’étranger. Mais on doit aussi constater comment le Premier ministre Charest s’est montré vocal dans son opposition, en marge des négociations officielles, pour faire comprendre les différences qui existent entre Québec et Ottawa à ce sujet.
Cette opposition devient particulièrement significative lorsqu’elle s’ajoute à la plus récente crise Québec-Canada autour de la volonté du gouvernement du Québec d’être présent lors des rencontres internationales pour la reconstruction d’Haïti. La réaction du gouvernement fédéral, et du Canada anglais, vis-à-vis cette volonté est caractéristique du problème constitutionnel du Québec au sein du Canada.
L’autodétermination du Québec est impossible au sein du Canada actuel
En regard de telles attitudes et en raison de l’interprétation stricte et restrictive que le gouvernement fédéral actuel donne aux compétences politiques au Canada, la volonté d’affirmation, d’autodétermination et d’autonomie québécoise ne peut pas s’accomplir dans le cadre canadien actuel. Enfermé dans son intransigeance, le gouvernement fédéral ne peut s’imaginer que la politique internationale puisse profiter du dynamisme et de l’affirmation du Québec. De plus, dans ce pays qui se transforme de plus en plus en l’un des États par excellence de la régression environnementale et sociale au XXIe siècle, on ne peut concevoir que l’action internationale puisse s’appuyer sur des principes différents de ceux qui supportaient celle-ci au XIXe siècle (c’est-à-dire la souveraineté territoriale). Aujourd’hui, cette action se fonde ainsi de plus en plus sur des principes tels l’autodétermination des collectivités et des nations, l’ouverture et la diversité des voies (et des voix) politiques et culturelles.
Au Québec, l’exercice d’un certain leadership à l’étranger nous semble aller de soi vu la spécificité de notre culture, de nos intérêts et de notre identité. Vis-à-vis Haïti, l’action du Québec est particulièrement justifiée par les liens historiques et sociaux profonds qui existent depuis plusieurs décennies entre ces deux nations (rappelons simplement que le Québec est l’hôte de la deuxième plus large diaspora haïtienne dans le monde). Mais pris dans sa vision politique du passé, le gouvernement fédéral empêche toute progression du cadre politique canadien vers un modèle de fonctionnement qui répondrait davantage aux besoins et aux aspirations des Québécois.
Changements politiques
Pourtant, partout la politique change dans ses aspects locaux, régionaux, nationaux et globaux; et ici aussi, la politique devrait aussi pouvoir évoluer. Nous devrions être capables d’adapter notre appareil politique à la situation économique et sociale changeante. En ce sens, le gouvernement du Québec devrait avoir la liberté et la capacité (ainsi qu’une volonté plus soutenue il va sans dire) d’affirmer l’existence et la voix collective de notre nation sur la scène internationale pour représenter nos valeurs et nos intérêts. L’affirmation de l’existence de la nation québécoise ne doit pas être qu’une formule facile à utiliser en période électorale, mais doit amener la remise en cause de la symétrie actuelle de la fédération canadienne. Enfin, pour les Québécois, le temps des doutes sur l’importance et les possibilités de changer notre condition collective doit enfin arriver à son terme. Si le Canada traite notre gouvernement national comme une portion négligeable (une simple province comme les autres) et ne considère pas notre volonté d’affirmation nationale, il est grand temps de se (re)mettre à concevoir un avenir différent impliquant un changement de gouvernement et de système politique. Il est toujours temps de changer les situations inacceptables, et l’actualité nous montre que le fruit est encore et toujours mûr pour que les Québécois se mettent à accomplir les changements qui leur permettront de prendre la place qui leur revient dans le monde.
Merci, et à bientôt.
Félix Grenier
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La souveraineté, pis le Bloc... Qu'osse ça donne ? dirait Yvon Deschamps !
Et bien en voilà deux exemples frappants, pis concrets. Du moins, personnellement, voilà pourquoi je m'implique au Bloc Québécois.