Comme vous le savez probablement, la prochaine conférence de l’ONU sur les changements climatiques se tiendra sous peu à Copenhague, au Danemark. Après de longues et pénibles tergiversations, le Premier ministre canadien a finalement conclu que cet enjeu mérite son attention.

Le fait que M. Harper se rende à Copenhague ‘à reculons’ ne présage rien de bon pour la conclusion d’une entente mais surtout pour l’amélioration de l’image internationale du Canada. Nul besoin de rappeler que ‘grâce’ aux conservateurs nous sommes dorénavant considérés comme le pays occidental le plus en retard en matière de lutte contre les changements climatiques et que cette image entache aussi la réputation du Québec à l’étranger. Nous manquons donc gravement à nos responsabilités et cela principalement à cause du manque total de vision des élus conservateurs.

Cette situation devrait nous indigner pour plusieurs raisons. Tout d’abord, en termes moraux, il est inacceptable qu’un pays riche comme le Canada ne fasse pas sa part alors que l’urgence d’agir pour préserver l’équilibre écologique planétaire est dorénavant très largement reconnue. De plus, il existe un fort consensus au sein de la population et des élus québécois - bien représenté par les positions du Bloc d’ailleurs - pour que nous mettions en œuvre les mesures nécessaires pour respecter le protocole de Kyoto, à l’image de l’Europe par exemple. Enfin, ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre que les intérêts économiques des Québécois ne sont pas desservis par la direction actuelle du gouvernement conservateur.

Alors que le protocole de Kyoto fixait 1990 comme année de référence pour les cibles de réduction d’émission de gaz à effets de serre, le gouvernement conservateur propose de calculer les siennes à partir de l’année 2005, annulant ainsi la grande majorité des coûteux efforts que les entreprises et industries québécoises font depuis plusieurs années afin de moderniser leurs équipements et réduire leurs émissions. Comme l’a déjà dit Gilles Duceppe, cette situation équivaut à un système de « pollueurs payés » plutôt que de « pollueurs payeurs », ce qui n’est d’ailleurs pas très surprenant vu les liens étroits que les conservateurs entretiennent avec les très polluantes industries pétrolières de l’Ouest canadien.

Outre cette injustice économique flagrante, l’inaction du gouvernement conservateur en matière de réglementations environnementales, de programmes de recherche et de développement technologique dans ce domaine fait manquer le bateau au Québec (et au Canada) pour les lucratifs marchés qui se développent actuellement autour des technologies environnementales. Quand on examine les nations les plus développées du monde telles le Japon, la Corée, l’Allemagne ou les pays scandinaves et que l’on voit qu’ils investissent massivement dans l’économie ‘verte’, on réalise dans quelle direction l’économie du XXIe siècle se dirige. Malheureusement, avec des ‘timoniers’ comme les conservateurs, c’est à contre-courant que le Canada s’en va.

Malgré notre gouvernement fédéral actuel, beaucoup a été fait et peut encore être fait pour que notre voix et nos convictions soient entendues. Le Bloc québécois a d’abord réussi à faire voter par une majorité d’élus au Parlement fédéral une motion pour que le Canada fasse valoir une position constructive à Copenhague. C’est un geste important que le gouvernement ne pourra ignorer qu’à un fort prix. Gilles Duceppe, le chef du Bloc québécois, et le porte-parole du Bloc en matière d’environnement, Bernard Bigras, ont aussi fait parvenir une lettre expliquant la position du Québec et de la majorité des élus au Parlement fédéral au secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Vous pouvez d’ailleurs lire celle-ci à l’adresse suivante : http://www.blocquebecois.org/bloc_manchette.asp?id=9926525

Vous pouvez aussi appuyer la campagne de mobilisation populaire que mènent plusieurs groupes de la société civile pour inciter le gouvernement fédéral à changer sa position lors de la conférence de Copenhague. Le site internet d’Équiterre présente entre autre la pétition « Tck Tck Tck », qui « enjoint le gouvernement fédéral à s’engager à réduire les émissions canadiennes d’au moins 25% sous leurs niveaux de 1990, d’ici 2020 » et qui appelle tous les pays à signer un accord sur le changement climatique qui soit ambitieux, juste et obligatoire. Je l’ai moi-même signé et je vous incite à le faire à l’adresse suivante : http://www.equiterre.info/site/copenhague/

Je ne saurais trop insister sur l’importance de l’action citoyenne, de notre action donc, pour faire entendre notre voix et influencer le gouvernement actuel. Comme pour plusieurs autres enjeux et projets, c’est par notre mobilisation et nos actions au quotidien que nous pouvons influencer l’évolution de notre société entre les élections. Bien entendu, je suis disponible pour discuter avec vous, répondre à vos commentaires ou appuyer vos initiatives locales en la matière ou pour tout autre enjeu touchant notre circonscription.

Merci, et à bientôt.

Félix Grenier


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