Le Canada n’est pas prêt à accepter que le français soit la langue vraiment dominante dans l'une de ses 10 provinces… Voilà le véritable enjeu soulevé par le récent jugement de la Cour suprême sur la langue d'enseignement au Québec. Suivez le raisonnement suivant : puisque la primauté du français au Québec implique qu’on francise les immigrants par l'école, la Cour suprême a décidé de frapper au cœur même des lois qui empêchent l'anglais de dominer mur à mur. On compte en gros 50 000 nouveaux immigrants par an au Québec. Avant la loi 101, plus de 90 % d’entre eux choisissaient l’école anglaise au primaire et au secondaire. Et l’école anglaise, on le sait, est passée maître dans l’art de formater de bons fédéralistes qui voteront « non » à toute question visant à donner plus de souveraineté politique aux Québécois. Calculez : plus de 40 000 voix de plus pour le « non », chaque année… Ça pèse lourd.
Tout le monde sait que la Cour suprême du Canada applique la Loi constitutionnelle de 1982 et la Charte des droits et libertés qu’aucun élu québécois, libéral ou péquiste, n'a pourtant accepté de signer depuis le rapatriement unilatéral de 1982, jugé « légal mais illégitime » par la même cour, à l’époque. Et on voudrait que ses décisions lient les Québécois ? En droit, normalement, une entente ne lie que les parties qui l'ont signée.
En somme, Jean Charest n'a pas à tenir compte de ce jugement, qui ne saurait être qu'un simple avis n'engageant que neuf juges fédéraux fédéralistes, non élus par ailleurs. Et qui penchent toujours du même bord, comme la tour de Pise.
Jean-François Vallée
Saint-Philippe-de-Néri
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