La proximité de la base militaire de Valcartier nous rappelle quotidiennement la présence des Forces canadiennes en Afghanistan ainsi que leur rôle et contribution pour notre grande région de la capitale nationale. Ce mois-ci est chargé d’émotions avec le retour graduel de nos militaires québécois d’un autre déploiement en Afghanistan et le début des activités pour la semaine des anciens combattants dont le thème cette année est « Comment te souviendras-tu ? »  Cette année, j’ai décidé de me souvenir en exposant ma position sur un sujet qui m’interpelle beaucoup soit le support accordé à nos troupes lors de leur retour de mission, d’Afghanistan ou de partout à travers le monde. Non seulement, je suis convaincu qu’au Bloc Québécois nous pouvons faire différemment, mais surtout nous proposons de faire mieux. Nos militaires québécois méritent, non seulement notre appui, mais une direction politique solide et considérée; ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.  

Encore une fois, je dois souligner mon appui inconditionnel envers les membres des Forces canadiennes passés et présents tout en portant une attention particulière aux membres de la garnison de Valcartier qui, chaque jour, remplissent leur devoir avec courage et professionnalisme. 

Depuis 2001, la politique étrangère canadienne tourne de plus en plus au cauchemar. Les années passent, les déploiements en Afghanistan se succèdent et les débats entourant la Défense nationale demeurent les mêmes. Ils portent toujours autour des mêmes questions : l’esprit de la mission, l’échéancier de la mission ou encore pire, tout simplement sur le coût de la mission… Sur le terrain, la mission stagne, l’environnement sécuritaire se détériore et les pertes québecoises et canadiennes se succèdent ce qui nous rappelle le prix douloureux à payer pour nos convictions. Autant les libéraux que les conservateurs semblent passer sous silence le coût humain sur nos troupes d’un déploiement d’une telle amplitude. Année après année, on ignore le bien-être des soldats avant, pendant et après leur retour de leur déploiement. À cet égard, les statistiques reliées au syndrome post-traumatique sont claires, la mission en Afghanistan affecte gravement nos militaires. Près de cinq ans après le début de la mission, tout près de 2000 militaires ont dû recourir à des consultations pour ces « blessures invisibles », liées au syndrome post-traumatique. Pour comparaison, c’est l’équivalent d’une rotation complète en Afghanistan ou de la garnison entière de Valcartier qui éprouve des difficultés à passer à travers l’expérience du déploiement. Au-delà de la complexité et de l’importance du syndrome post-traumatique, on doit se demander comment pourrait-il en être autrement ? Est-il possible de mieux préparer et appuyer nos militaires pour la mission qui leur incombe en Afghanistan ?  

Voilà le nœud du problème; ce qui constitue l’enjeu qui me tient à cœur. Si le financement de la Défense nationale a presque doublé sous le régime des conservateurs par rapport à celui des libéraux, je ne peux que constater la faible partie dédiée aux services liés au bien-être des soldats, autant pour leurs conditions de vie que pour l’appui accordé lors de leur retour à la maison. Voilà où le bas blesse terriblement! Les conservateurs, malgré les discours, ont considérablement négligé le bien-être des troupes dans leurs politiques. Ce faisant, on peut largement questionner la légitimité d’un gouvernement conservateur, en matière de défense, qui fait vivre des déploiements successifs et de plus en plus dangereux à nos troupes sans égard pour leur bien-être, leur santé ou leur condition de vie avant, pendant et après les missions. Quels sont les coûts humains de la mission afghane ? Combien de soldats, de membres de Valcartier, et des Forces canadiennes dans leur ensemble, ont été blessés depuis 2001 ? Combien d’entre-eux ont vécus plusieurs déploiements à l’étranger? Combien d’entre-eux ont eu recours ou ont besoin d’aide psychologique? Malheureusement, la seule statistique aisément accessible et dont seule la famille militaire se souvient est 23, soit le nombre de vaillants membres de Valcartier tombés en Afghanistan depuis 2001. Aujourd’hui, c’est en pensant à nos disparus et à nos militaires québécois blessés que je prends position. Non seulement pour exprimer mes regrets de voir les sacrifices demandés à nos militaires québécois mais surtout en réalisant qu’il est possible de faire autrement.

En cette semaine des anciens combattants, s’il nous incombe comme nation de se souvenir des services rendus par nos militaires québécois et des disparus, de la Première Guerre mondiale à aujourd’hui, il nous revient également la tâche de questionner les orientations actuelles du gouvernement. Il nous faut mieux comprendre la situation actuelle et pousser la réflexion, car il est possible de faire autrement et surtout de faire mieux. Embrasser cette question et ces débats, prendre position et lutter pour de meilleures conditions pour nos militaires ne sont pas seulement des gestes politiques, ce sont surtout des questions de respect. Le respect du sacrifice et des services qui sont demandés à nos troupes, afin de reconnaître nos soldats québécois une vertu citoyenne hors de l’ordinaire. En débutant une réflexion collective, on pourra ensemble commencer à aller au-delà des questions d’argent, seules à intéresser les libéraux et les conservateurs. Il est grand temps de s’occuper convenablement et humainement de nos troupes, ce qui n’a pas été fait depuis plus de 8 ans. 

En conclusion, pour le Jour du Souvenir, je nous invite, chers amis, membres et sympathisants du Bloc, à penser aux militaires québécois ayant servi dans le passé ou servant actuellement; à nous souvenir des disparus et à réfléchir à l’état actuel de notre politique étrangère. Voilà comment le 11 novembre, à 11h00, je vais me souvenir.

Félix.


Commentaires

LE 12 novembre 2009 À 14:14 PAR Marie-Ève
En ce sens, consulté le reportage de l'émission Enquête, du 28 octobre 2009. En effet, 15 militaires se seraient enlevés la vie en 2008 selon ce reportage.

LE 19 novembre 2009 À 12:24 PAR Félix Grenier
Bonjour,
Pour ceux que l'enjeu intéresse, et je crois que vous êtes nombreux, voici un court extrait d'un documentaire présenté à PBS l'année passée et qui montre comment l'enjeu du syndrome post-traumatique est sérieux au sein de la communauté militaire. C'est une question qui devrait nous faire sérieusement réfléchir au sens qui doit être donné au 'support aux troupes/aux soldats', et à nos orientations de défense nationale / politique étrangère.

http://www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/story/2009/11/branded-by-war.html?utm_campaign=homepage&utm_medium=feeds&utm_source=feeds

Bon visionnement.
À bientôt.
Félix


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